Mieux qu'une balade dans la DeLorean DMC-12 avec le
Docteur Emmett Brown (« Doc » le copain de Marty McFly dans Retour vers le futur...), voici une interview inédite et exclusive du Maestro inter-galactique de la Nouvelle : Stefan
Zweig rien que moi (Bon d'accord... c'est un peu too much et c'est pas rien que pour moi à la base... mais comme c'est mon blog, j'aime à le croire !). Ceci étant dit, c'est une
vraie exclusivité accordée par Jérôme Pintoux, l'auteur de Interviews d'outre-tombe, bientôt chroniqué sur ce blog rien que pour vous...
Interview fictive de Stefan Zweig en 1941 pour « Le Joueur d’échecs ».
Stefan Zweig, votre nouvelle « Le joueur d’échecs », c’est l’histoire d’un champion jusque là invaincu ?
Oui. Mirko Czentovic a traversé les États-Unis d’est en ouest, sortant vainqueur de tous les tournois, et maintenant il s’en va cueillir de nouveaux lauriers en Argentine.
Il a eu une enfance difficile ?
A douze ans, il a été recueilli par le charitable curé de son village et l’excellent prêtre s’est efforcé honnêtement de faire répéter à ce garçon au large front, apathique et taciturne, les leçons qu'il n’arrivait pas à retenir à l’école.
Tout le monde le prend pour un imbécile ?
Il a cet air absent et vague des moutons au pâturage. Il semble ne prendre aucun intérêt à ce qui se passe autour de lui.
Mais un jour, il a l’occasion de disputer une partie d’échecs et sa vraie nature se révèle ?
C’est l’âne de Balaam, s’écrie le prêtre qui l’a élevé, quand il le voit gagner plusieurs parties d’affilée.
De quelle façon joue-t-il ?
Il a un jeu lent, tenace, imperturbable, et ne relève jamais son large front, penché sur l’échiquier.
Ses débuts sont-ils prometteurs ?
Oui et non. Il lui arrive de perdre des parties, n’ayant par exemple jamais vu son protecteur pratiquer ce qu’on appelle l’ouverture sicilienne.
Mais il a un défaut : il est incapable d’abstraction, incapable de réfléchir à des choses abstraites sans un support concret, incapable de jouer sans échiquier ?
Oui. C’est comme un chef d’orchestre qui serait incapable de jouer ou de diriger sans avoir la partition ouverte devant lui. C’est un manque d’imagination.
Ses contemporains le trouvent ridicule dans la vie de tous les jours ?
Un individu comique et presque grotesque, en dépit de son cérémonieux habit noir et de ses cravates pompeusement ornées d’une perle un peu voyante.
Est-il avare ?
Il descend toujours dans des hôtels de troisième ordre.
Quelle définition donneriez-vous des échecs ?
C’est un « jeu royal », dit-on, le seul entre tous les jeux inventés par l’homme, qui échappe souverainement à la tyrannie du hasard.
Ce Mirko est un drôle d’individu. Jadis ce personnage aurait intéressé les physiognomonistes ?
Gall aurait certainement aimé disséquer les cerveaux des champions d’échecs d’une telle espèce pour voir si la matière grise de pareils génies ne présentait pas une circonvolution particulière qui la distinguât des autres, une sorte de muscle ou de bosse des échecs.
Ce champion a l’air assez antipathique : il est plus que méprisant ?
Il a une attitude désinvolte. Il considère le narrateur négligemment, en passant, comme s’il n’était qu’une vulgaire pièce de bois. Son orgueil semble invétéré, démesuré. On espère qu'il va se faire battre à plates coutures !
Propos recueillis par Jérôme Pintoux le 03.12.2010.
Un GRAND MERCI aux deux auteurs pour m'avoir fait ce cadeau et à bientôt.
Un blogueur curieux m'a taguée.
Les livres, et tous les
livres, étaient à la fête ce week-end. Les grandes villes comme les plus petites célébraient les écrivains de tous genres.
