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Mes dimanches romantiques

Dimanche 2 septembre 2012 7 02 /09 /Sep /2012 22:09


Costumes-christian-lacroix-en-1995--personnages-de-panope-p.jpgLe pitch : Phèdre est tombée amoureuse d’Hippolyte, son beau-fils (le fils de son mari Thésée, fils d’Égée et roi d’Athènes. En théorie, on s'en fout un peu, mais ça a son intérêt pour mieux comprendre les vers ci-dessous).
A sa nourrice et confidente Œnone, elle fait l'aveu de son impuissance face à la fatalité de cet amour interdit.

Photo : Costumes pour la pièce de théâtre Phèdre de Jean Racine, de la Comédie Française, réalisés par le Couturier Christian Lacroix en 1995.
A gauche, costume de Phèdre, à droite celui de Panope (femme de la suite de Phèdre).


* * *


Phèdre :

Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée

Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,

Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,

Athènes me montra mon superbe ennemi.

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;

Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.

Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,

D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.

Par des vœux assidus je crus les détourner :

Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;

De victimes moi-même à toute heure entourée,

Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.

D’un incurable amour remèdes impuissants !

En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :

Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,

J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,

Même au pied des autels que je faisais fumer.

J’offrais tout à ce dieu, que je n’osais nommer.

Je l’évitais partout. Ô comble de misère !

Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.

Contre moi-même enfin j’osai me révolter :

J’excitai mon courage à le persécuter.

Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,

J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;

Je pressai son exil, et mes cris éternels

L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.

Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,

Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;

Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,

De son fatal hymen je cultivais les fruits.

Vaines précautions ! Cruelle destinée !

Par mon époux lui-même à Trézène amenée,

J’ai revu l’Ennemi que j’avais éloigné :

Ma blessure trop vive aussitôt a saigné.

Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée :

C’est Vénus toute entière à sa proie attaché.


Pour découvrir la sélection de mes poèmes romantiques, faites un p'tit CLIC ICI.

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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 00:17


Portait-de-Paul-Eluard-par-Dali.jpgJe t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues

Je t’aime pour tout le temps où je n’ai pas vécu

Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud

Pour la neige qui fond pour les premières fleurs

Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas

Je t’aime pour aimer

Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas

 

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu

Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte

Entre autrefois et aujourd’hui

Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille

Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir

Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie

Comme on oublie

 

Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne

Pour la santé
Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion

Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas

Que tu crois être le doute et tu n’es que raison

Tu es le grand soleil qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi.

Paul Eluard, Le Phénix (1951).

Toile : Portait de Paul Eluard oeuvre de Salvador Dali, huile sur toile (1929), collection privée.
Dali disait de Eluard : tant et tant de confusion pour rester si pur.

Photo : Salavdor Dali, Gala (de son vrai nom Helena Diakonova, 1ère épouse de Eluard), Paul Eluard et Nusch (de son vrai nom Maria Benz, 2nde épouse de Eluard) en 1929 à Cadaquès en Catalogne.


Dali_Gala_Eluard_Nusch.jpg

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Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 00:02


Birth of Venus BotticelliEt la mer et l’amour ont l’amer pour partage,

Et la mer est amère et l’amour est amer,

L’on s’abîme en amour aussi bien qu'en la mer,

Car la mer et l’amour ne sont point sans orage.

 

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,

Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,

Qu'il ne se laisse pas à l’amour enflammer,

Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

 

La mère de l’amour eut la mer pour berceau,

Le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau,

Mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

 

Si l’eau pouvait éteindre un brasier amoureux,

Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,

Que j’eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

Pierre de Marboeuf (poète baroque français du XVIIe siècle), Oeuvres.


Toile : La Naissance de Vénus, tableau majeur de Sandro Botticelli, peint vers 1485 et conservé à la Galerie des Offices de Florence. Il a été peint selon la technique de la tempera.

Le terme tempera ou tempéra (du latin temperare : détremper) désigne une technique de peinture basée sur un liant à émulsion. Le procédé original est celui d'une peinture utilisant le jaune d'œuf, émulsion naturelle, comme médium pour lier les pigments. On l'utilise sur du plâtre ou sur des panneaux de bois recouverts de nombreuses couches d'enduits à base de colle de collagène, carbonate de calcium ou sulfate de calcium.
Elle est la principale technique de peinture à l'eau d'art utilisée jusqu'au Moyen Âge (source : Wikipédia).

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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 19:30


chrysantheme.jpgComme ils sont courts (très), je vous en mets deux pour le prix d'un ce dimanche, c'est cadeau !

Haïku d'amour

Un banc sous les feuilles,

Deux amoureux qui ont froid,

J’ai pensé à toi.


Haïku érotique

Sur les beaux seins ronds

Deux tétons durs et roses

Et des mains avides.


Source : site les âmes tendres

Photo : Il est le symbole de la famille impériale et on en trouve un sur le sceau impérial du Japon... Le chrysanthème.

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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 23:20

Le-baiser-a-la-derobee_Fragonard.JPGBaise m'encor, rebaise-moi et baise ;

Donne m'en un de tes plus savoureux,

Donne m'en un de tes plus amoureux :

Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

 

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise,

En t'en donnant dix autres doucereux.

Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,

Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

 

Lors double vie à chacun en suivra.

Chacun en soi et son ami vivra.

Permets m'Amour penser quelque folie :

 

Toujours suis mal, vivant discrètement,

Et ne me puis donner contentement

Si hors de moi ne fais quelque saillie.

Louise Labé, Sonnets


Photo : Le Baiser à la dérobée, œuvre de Jean-Honoré Fragonard (1732 - 1806) et de Marguerite Gérard, son élève et belle-sœur. L'un des tableaux le plus célèbre de l’artiste n’est pas tout à fait de sa main. 
Huile sur toile de 45,1 x 54,8 cm conservée au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg (Russie).

 

* * *


Vers 1550 déjà, certains écrits féminins étaient passionnés et passionnants...

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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 01:00


neige-venise-campo-santa-maria-novaL'hiver, nous irons dans un petit wagon rose

Avec des coussins bleus.

Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose

Dans chaque coin moelleux.

 

Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,

Grimacer les ombres des soirs,

Ces monstruosités hargneuses, populace

De démons noirs et de loups noirs.

 

Puis tu te sentiras la joue égratignée...

Un petit baiser, comme une folle araignée,

Te courra par le cou...

 

Et tu me diras : " Cherche ! " en inclinant la tête,

- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête

- Qui voyage beaucoup...

Arthur Rimbaud, Rêvé pour l'hiver

Photo : source site e-venise.com

* * *


Retrouvez la liste des poèmes par titre dans mes nuits poétiques ICI et l'intégralité des textes dans mes dimanches romantiques LA.

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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 02:00


Baiser_Rodin.jpgSouffrez qu'Amour cette nuit vous réveille ;

Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;

Vous dormez trop, adorable merveille,

Car c'est dormir que de ne point aimer.

Ne craignez rien ; dans l'amoureux empire

Le mal n'est pas si grand que l'on le fait

Et, lorsqu'on aime et que le coeur soupire,

Son propre mal souvent le satisfait.

Le mal d'aimer, c'est de vouloir le taire :

Pour l'éviter, parlez en ma faveur.

Amour le veut, n'en faites point mystère.

Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur !

Peut-on souffrir une plus douce peine ?

Peut-on subir une plus douce loi ?

Qu'étant des coeurs la douce souveraine,

Dessus le vôtre Amour agisse en roi ;

Rendez-vous donc, ô divine Amarante !

Soumettez-vous aux volontés d'Amour ;

Aimez pendant que vous êtes charmante,

Car le temps passe et n'a point de retour.

Jean-Baptiste Poquelin, dit MOLIERE, Stances galantes.

Sculpture : Rodin, Baiser (1888-1889) marbre, exposé au Musée Rodin.

* * *

Mes dimanches romantiques s'éclipsent temporairement cet été. Ils vous ont fait découvrir, ou redécouvrir, ma sélection des plus beaux poèmes d'Amour tantôt coquins, passionnés ou désespérés, de poètes et poétesses dont l'inspiration intarissable à traverser les siècles pour exalter encore aujourd'hui notre imagination.
 
J'espère que vous aurez eu autant de plaisir à les lire, que moi à les rechercher pour vous.

Pour voir le récapitulatif de toutes Mes nuits poétiques c'est ICI.


Bientôt, ma saga estivale...

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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 02:00


Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout

Contre les portes de la nuit

Et les passants qui passent les désignent du doigt

Mais les enfants qui s’aiment

Ne sont là pour personne

Et c’est seulement leur ombre

Qui tremble dans la nuit

Excitant la rage des passants

Leur rage leur mépris leurs rires et leur envie

Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne

Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit

Bien plus haut que le jour

Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour.

Jacques Prévert, extrait du recueil Spectacle (1945)


* * *

Le style de Jacques Prévert fait éclater le caractère conventionnel du discours par les jeux de mots. Sa poésie est constamment faite de jeux sur le langage (calembours, inventions burlesques, néologismes, lapsus volontaires, zeugme, aphorismes ou encore syllepses) dont le poète tire des effets comiques inattendus (un humour parfois noir), des significations doubles ou encore des images insolites.

Vous pouvez écouter ce poème mis en musique par Joseph Kosma dans le film Les portes de la nuit de Marcel Carné (1946), synopsis : à la fin de la Seconde Guerre mondiale et le temps d’une nuit parisienne, le « Destin » orchestre l’aventure amoureuse et tragique entre le jeune résistant Diego et la belle Malou (mal) mariée à un collaborateur.

Dans ce film, Yves Montand (Diego) y interprète Les feuilles mortes.



C'est l'avant dernier rendez-vous de Mes dimanches romantiques avant une interruption estivale.

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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 02:00

 

arthur_rimbaud_son_portrait_adulte_reference.jpg- Elle était fort déshabillée

Et de grands arbres indiscrets

Aux vitres jetaient leur feuillée

Malinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,

Mi-nue, elle joignait les mains.

Sur le plancher frissonnaient d'aise

Ses petits pieds si fins, si fins.

- Je regardai, couleur de cire,

Un petit rayon buissonnier

Papillonner dans son sourire

Et sur son sein, - mouche au rosier.

- Je baisai ses fines chevilles.

Elle eut un doux rire brutal

Qui s'égrenait en claires trilles,

Un joli rire de cristal.

Les petits pieds sous la chemise

Se sauvèrent : " Veux-tu finir ! "

- La première audace permise,

Le rire feignait de punir !

- Pauvrets palpitants sous ma lèvre,

Je baisai doucement ses yeux :

- Elle jeta sa tête mièvre

En arrière : " Oh ! c'est encor mieux !...

Monsieur, j'ai deux mots à te dire... "

- Je lui jetai le reste au sein

Dans un baiser, qui la fit rire

D'un bon rire qui voulait bien...

- Elle était fort déshabillée

Et de grands arbres indiscrets

Aux vitres jetaient leur feuillée

Malinement, tout près, tout près.

Arthur Rimbaud, Première soirée.

Photo : Arthur Rimbaud, comme on le voit peu souvent, adulte.

* * *

 

Jean Nicolas Arthur Rimbaud est un poète français, né le 20 octobre 1854 à Charleville, mort le 10 novembre 1891 à Marseille.

Il écrit ses premiers poèmes à quinze ans et demi, ses derniers à 20 ans. Il renonce subitement à l’écriture malgré la reconnaissance de ses pairs.

Ses idées marginales, anti-bourgeoises et libertaires le poussent à choisir alors une vie aventureuse dont les pérégrinations l’amènent jusqu’au Yémen et en Éthiopie où il devient négociant, voire explorateur. De cette seconde vie, ses écritures consistent en près de 180 lettres (correspondance familiale et professionnelle) et quelques descriptions géographiques.

Bien que brève, la densité de son œuvre poétique en fait une des figures considérables de la littérature française. Il a introduit le vers libre en France et a donné ses lettres de noblesse à un type de poème en prose distinct d'expériences plus prosaïques. Il a ouvert la voie à la poésie contemporaine du XXe siècle et nombreux sont les auteurs qui s'en réclamèrent tels Alfred Jarry, Antonin Artaud, Roger Vitrac, René Char et tous les surréalistes, ainsi que des artistes-interprètes, tels que Jim Morrison et Bob Dylan.

 

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Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 02:00

 

Torche_flamme.jpgJe vous aime, mon corps, qui fûtes son désir,

Son champ de jouissance et son jardin d'extase

Où se retrouve encor le goût de son plaisir

Comme un rare parfum dans un précieux vase.

Je vous aime, mes yeux, qui restiez éblouis

Dans l'émerveillement qu'il traînait à sa suite

Et qui gardez au fond de vous, comme en deux puits,

Le reflet persistant de sa beauté détruite. [...]

Je vous aime, mon coeur, qui scandiez à grands coups

Le rythme exaspéré des amoureuses fièvres,

Et mes pieds nus noués aux siens et mes genoux

Rivés à ses genoux et ma peau sous ses lèvres...

Je vous aime ma chair, qui faisiez à sa chair

Un tabernacle ardent de volupté parfaite

Et qui preniez de lui le meilleur, le plus cher,

Toujours rassasiée et jamais satisfaite.

Et je t'aime, ô mon âme avide, toi qui pars

- Nouvelle Isis - tentant la recherche éperdue

Des atomes dissous, des effluves épars

De son être où toi-même as soif d'être perdue.

Je suis le temple vide où tout culte a cessé

Sur l'inutile autel déserté par l'idole ;

Je suis le feu qui danse à l'âtre délaissé,

Le brasier qui n'échauffe rien, la torche folle...

Et ce besoin d'aimer qui n'a plus son emploi

Dans la mort, à présent retombe sur moi-même.

Et puisque, ô mon amour, vous êtes tout en moi

Résorbé, c'est bien vous que j'aime si je m'aime.

Marie Nizet, La torche.

* * *

 

Marie Nizet (1859-1922) était une poétesse et femme de lettres belge. Elle prend fait et cause pour la Roumanie, opprimée par l'Empire russe, et publie des poèmes à partir de 1877. Elle les regroupe en 1878 dans România (chants de la Roumanie). Passionnée par le folklore roumain, elle publie en 1879 Le Capitaine Vampire. Devenue épouse (Mme Mercier) et mère, elle divorce bientôt et doit élever seule son enfant. Un recueil posthume paraît en 1923, réunissant des poèmes amoureux et passionnés dédiés à son amant Cecil Axel-Veneglia.

 

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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 22:30


J'ai cherché dans les poèmes
Comment dire je t'aime
J'ai trouvé des mots savants
Bien trop longs pour mes 6 ans
Alors, j'ai cherché ailleurs
Et j'ai trouvé dans mon coeur
Les mots que tu m'as appris
Quand j'étais encore petit
Maman je t'aime grand comme ça
Je le dis avec mes bras.

Le poème d'aujourd'hui que j'ai choisi est celui de mon petit grabouillon.

 

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Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 21:00

Victor Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris, est un poète, dramaturge et prosateur romantique considéré comme l'un des plus importants écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a compté dans l'Histoire du XIXe siècle.

* * *



Juliette_Drouet.jpgSon silence fut mon vainqueur ;

C'est ce qui m'a fait épris d'elle.

D'abord je n'avais dans le coeur

Rien qu'un obscur battement d'aile.

Nous allions en voiture au bois,

Seuls tous les soirs, et loin du monde ;

Je lui parlais, et d'autres voix

Chantaient dans la forêt profonde.

Son oeil était mystérieux.

Il contient, cet oeil de colombe,

Le même infini que les cieux,

La même aurore que la tombe.

Elle ne disait rien du tout,

Pensive au fond de la calèche.

Un jour je sentis tout à coup

Trembler dans mon âme une flèche.

L'Amour, c'est le je ne sais quoi.

Une femme habile à se taire

Est la caverne où se tient coi

Ce méchant petit sagittaire.

Victor Hugo, extrait du recueil  Les chansons des rues et des bois (1865).

Toile : Juliette Drouet lithographié par Léon Noël, elle devint la maîtresse de Victor Hugo en 1833 et pendant près de 50 ans.

 

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Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 22:00


Manet-edouard-Berthe-Morisot.jpgMon âme a son secret, ma vie a son mystère,

Un amour éternel en un moment conçu :

Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,

Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,

Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.

Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,

N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,

Elle ira son chemin, distraite et sans entendre

Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.

À l’austère devoir pieusement fidèle,

Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle

« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas.

Félix Arvers, Le sonnet d'Arvers extrait du recueil Mes Heures perdues (1833).

Toile : Edouard Manet, Berthe Morisot au bouquet de violettes (1872) huile sut toile 55 x 40, Coll. musée d'Orsay, Paris.

 

* * *

 

 

Le Sonnet d'Arvers est l'un des sonnets les plus populaires du XIXe siècle. Aujourd’hui on a du mal à trouver quelques personnes qui connaissent encore le nom de l’auteur et on a de la peine à penser qu’au XIXe siècle non seulement ce poème était sur toutes les lèvres, mais on ne cessait de s’interroger sur l’identité de la femme mystérieuse. Fallait-il n’y voir qu’une allégorie pure et simple ? Pour connaître le mystère de ce poème, suivez-moi par ici.

Serge Gainsbourg chantera ce sonnet au début des années 60.

 

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Dimanche 8 mai 2011 7 08 /05 /Mai /2011 22:00

Coucher avec elle

Pour le sommeil côte à côte

Pour les rêves parallèles

Pour la double respiration

Coucher avec elle

Pour l’ombre unique et surprenante

Pour la même chaleur

Pour la même solitude

Coucher avec elle

Pour l’aurore partagée

Pour le minuit identique

Pour les mêmes fantômes

Coucher avec elle

Pour l’amour absolu

Pour le vice, pour le vice

Pour les baisers de toute espèce

Coucher avec elle

Pour un naufrage ineffable

Pour se prouver et prouver vraiment

Que jamais n’a pesé sur l’âme et le corps des amants

Le mensonge d’une tache originelle

Robert Desnos, Fortunes (1942).

Toile : Waldeck, Sérénité (2009), acrylique (100 x 80). Voir ses autres toiles sur son blog ICI.

 

* * *


En 1942, nous sommes au coeur de la deuxième guerre mondiale. Dans le domaine de l'Art et la Culture il s'est passé ceci : Barbra Streisand, chanteuse américaine est née ainsi que Gilberto Gil, chanteur brésilien et Eddy Mitchell (né Claude Moine), chanteur, acteur, (présentateur télé) français (Ah ! La dernière séance... ma madeleine à moi !). Stefan Zweig, écrivain autrichien s'est suicidé.
Au cinéma on pouvait voir Casablanca de Michael Curtiz avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman (Oscar 1943 du meilleur film) et Les Visiteurs du soir réalisé par Marcel Carné avec Arletty, Fernand Ledoux et Roger Blin, Alain Cuny, Marie Déa.

 

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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 22:00

Le vase où meurt cette verveine

D'un coup d'éventail fut fêlé ;

Le coup dut l'effleurer à peine :

Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,

Mordant le cristal chaque jour,

D'une marche invisible et sûre,

En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,

Le suc des fleurs s'est épuisé ;

Personne encore ne s'en doute,

N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime,

Effleurant le cœur, le meurtrit ;

Puis le cœur se fend de lui-même,

La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,

Il sent croître et pleurer tout bas

Sa blessure fine et profonde ;

Il est brisé, n'y touchez pas.

Sully Prudhomme
, Stances et poèmes (1865). 

Toile : Waldeck, Coeur brisé (2009), huile sur toile (80 x 80). Voir ses autres toiles sur son blog ICI.

 

* * *



Le vase brisé, son poème le plus célèbre, est une élégante métaphore du cœur brisé par un chagrin d'amour, et est extrait de son premier recueil, Stances et Poèmes de 1865. Il est le premier lauréat du Prix Nobel de littérature, attribué depuis 1901.

Cette année là (1901), le peintre autrichien Gustav Klimt peint Judith I et les premières expositions ont lieu, en France, des oeuvres de Pablo Picasso et Vincent van Gogh. C'est aussi l'année de naissance de Clark Gable, Louis Armstrong et Jean Mermoz mais aussi de la mort de Giuseppe Verdi et Henri de Toulouse-Lautrec.
En Norvège, des femmes votent pour la première fois (aux élections locales). Il faut payer 300 (à la campagne) à 400 (en ville) couronnes minimum pour avoir le droit de vote...

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