Fiches de lectures pas catholiques

Mardi 13 août 2013 2 13 /08 /Août /2013 00:43


Professor oni kinbakuFin août, le deuxième roman de Emma Cavalier La rééducation sentimentale (Editions Blanche) sera disponible dans toute bonne librairie qui se respecte. Il fait donc partie de mes prochaines lectures afin de parfaire mon éducation entre deux sorties culturelles marseillaises. D'ici là, autorisez-vous à prendre trente minutes pour découvrir de nouvelles sensations en lisant Baku


Présentation par l'auteur : Il est assez rare que je crée un personnage, même secondaire, sans réfléchir un minimum à ce qu'a pu être sa vie, ce qui a pu le conduire à intervenir dans l'histoire. Parfois, cette réflexion devient une accroche ; finalement l'embranchement du récit m'intéresse, je creuse, et cela finit par donner quelque chose comme cette nouvelle : Baku.

Baku, c'est l'histoire d'un couple particulièrement libéré qu'on croise dans La rééducation sentimentale, Etienne et Valérie. Ou plutôt, cela raconte comment un couple "bien sous tout rapport" commence un jour à découvrir des expériences que certains considéreraient comme hors norme. La suite et la présentation de son prochain roman sur son blog ICI.

Télécharger gratuitement la nouvelle Baku sur Feedbooks.

Question : A quoi reconnaît-on un écrivain talentueux ?
Ma réponse : A sa capacité de vous transmettre des émotions, et plus particulièrement, avec des sujets pour lesquels vous ne pensiez pas pouvoir en avoir...


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Jeudi 13 juin 2013 4 13 /06 /Juin /2013 23:25

 

Agent-Provocateur.jpgJ’ai failli oublier ses derniers temps que ce blog se veut littéraire, après quelques choix malheurs… C’était sans compte sur les trois livres que je viens de terminer. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été prise… d’une envie soudaine, insatiable, incontrôlée… de vous faire partager mon plaisir de découvrir un livre que je viens de dévorer le temps d’un week-end et d’un aller-retour TGV Avignon Charleville-Mézières (10 heures de train, c’est plus qu’il ne m’en faut, et sans aucun retard, c'est suspect… D’ailleurs, c’est moi qui ait failli manquer le train, plongée dans ma lecture dans les salons du Train Bleu).


Le nom de celui qu’il vous faut acheter, télécharger ou encore vous faire prêter : Beautiful Bastard.


Une histoire torride avec Le beau gosse de l’année à la coupe de cheveux "retour de baise", le boss autoritaire et brillant, le plan cul du siècle (Bennett Ryan) et son assistante, stagiaire MBA, autoritaire et brillante comme lui, Chloé Mills (je vous passe les détails physiques, comme dans tout bon roman qui se respecte, les deux sont canons).
Un duel érotique où chacun domine l’autre à tour de rôle. Du sexe brut, une passion dévorante et qui les consume. Bref, les filles vous allez mouiller vos p’tites culottes Aubade (ah, ça s'écrit peut-être pas ça dans un blog !?) que vous ne garderez pas longtemps sur vous car son truc, à Bennett, c’est de les déchirer et les collectionner… (quand même ça fait chier au prix où elles coûtent !).

Si vous avez lu Fifty shades of Grey (lire ma chronique ici) et que vous hésitez avec un autre roman venu des US, c’est sans comparaison. Celui-ci est bien écrit, l’histoire est très rythmée, drôle, piquante et on n’a qu’une envie ; c’est d’en savoir toujours plus sur leur relation. Chaque chapitre alterne l’évolution du duel et rapport de force, du point de vue de Chloé Mills, puis du point de vue de Bennett Ryan.

Comme c’est le plan baise du siècle, vous ne serez pas déçu, il y a plein de scènes érotiques dans pleins d’endroits différents. Et pour ma part, je vais considérer différemment maintenant la salle de réunion de direction sachant ce qu’on peut y faire d’excitant le soir, sur la table de conférence, avec une présentation powerpoint (outil que je maîtrise à la perfection…).

J’hésite à mettre un extrait choisi, et comme je ne voudrais pas gâcher votre plaisir, je vous invite à lire le livre ;-)

Plus d’info sur le site officiel du livre : http://beautifulbastardblog.wordpress.com/

Beautiful-Bastard.jpg Beautiful Bastard, Christina Lauren (Hugo)


Photo : Lingerie Agent Provocateur.

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Dimanche 28 octobre 2012 7 28 /10 /Oct /2012 18:30


50 nuances de Grey tome1Fifty shades of Grey. In french, Cinquante nuances de Grey de l'auteur Erika Léonard James est le livre de la rentrée à ne pas lire, selon la critique littéraire française à l'unanimité.

Disponible en version française depuis le 17 octobre dernier, les journalistes à la communication moqueuse et cynique (c'est la culture à la française... la "french touch !") prennent tellement plaisir à pourrir ce livre que cela en devient presque suspect !

Mais l'ont-ils seulement lu jusqu'au bout ?

Est-ce parce qu'il s'est vendu à plus de 40 millions d'exemplaires aux US et UK ? A plus de 100.000 exemplaires en France en une semaine (c'est vrai que c'est énervant pour tous ceux qui ne vendent pas autant et qui aimeraient bien aussi se faire du fric sur le dos des lecteurs...) ? Ont-ils essayé de comprendre pourquoi il a tant plu (au delà du fait que personne n'est dupe, chez les non initiés, sur son côté aseptisé surtout s'il a tant plu aux US) ?

Je l'ai lu jusqu'au bout et voici ce que j'en ai pensé.

Classé dans la catégorie romance érotique SM, je m'étais dit que cela devait être du SM niveau 1 grand débutant et d'ailleurs je n'attendais rien de ce livre sur ce point. Donc, effectivement c'est très soft et sur les 551 pages il n'y a réellement que deux scènes qui ont lieu dans la chambre rouge (là où Monsieur Grey range tous ses joujoux...). Toutes les autres scènes relèvent de la passion amoureuse dans divers endroits ; sous la douche, sur le bureau, le canapé, à l'hôtel, etc. Bref, rien de choquant.
Oui, c'est vrai que l'écriture est insipide, d'ailleurs je ne citerai pas d'extrait (je ne sais pas si cela tient à la traduction, je lirai le tome 2 en V.O. pour avoir un point de comparaison, ça n'améliorera pas mon niveau d'anglais mais je suis sûre de quasi tout comprendre...). Il y a beaucoup de redondances et vous n'enrichirez pas votre vocabulaire. On a droit  à des "Bordel de merde" et des "Oh mon Dieu !" (en anglais "Oh my god !" que heureusement on n'a pas traduit par autre chose) à toutes les pages.
Anastasia Rose Steele et Christian Grey sont jeunes, beaux et tous les opposent. Elle termine ses études, travaille pour les financer et elle est vierge. Il est chef d'entreprise, richissime (avec un p'tit côté R. Gere dans Pretty woman) et dominant. Bref, le début d'une histoire à la Harlequin (oui, j'en ai lu ado et alors ! ça pose un problème ?!)

Et pourtant, malgré tous ses défauts, j'ai lu les 551 pages en une semaine sans m'en rendre compte.

Pourquoi ?

D'abord, bien que l'écriture soit à l'eau de rose, je l'ai trouvée rafraîchissante et rythmée. La lecture ne demande pas d'effort particulier de concentration et donc après une journée de boulot intense ça lave le cerveau. C'est une passion amoureuse et ils sont sans cesse irrésistiblement attirés l'un vers l'autre (c'est une histoire très girly). Les personnages bien que clichés sont attachants. Anastasia parle souvent avec sa conscience et sa déesse intérieure qui sont sans cesse en opposition. Les protagonistes ont du mal à s'avouer leurs sentiments en face à face mais se lâchent dans leurs échanges de mails, et là, ça donne une correspondance parfois assez drôle.
Finalement, on se laisse porter par la lecture pour aller jusqu'au bout même si ce n'est pas le livre de l'année. Il change des livres qui veulent tout intellectualiser, des histoires où tout va mal et où on broie du noir (c'est déjà assez triste comme ça au quotidien avec toutes les merdes qu'on entend à la télé ou la radio !).

Je vous invite également à lire cette critique intéressante mais surtout très utile pour mieux comprendre le point de vue d'une initiée sur la manière dont est abordée le thème BDSM dans ce livre.

 * * *


Si vous voulez vraiment lire une histoire d'amour SM et très bien écrite, je vous conseille Le manoir de Emma Cavalier (c'est au moins du niveau 4). Pour découvrir l'érotisme à la française (c'est autre chose et du niveau 3 minimum ;-), allez faire un tour dans mes fiches de lectures pas catholiques.

Une autre sélection de vrais livres érotiques sur ELLE pour sfr.fr. Et aussi, les sites des spécialistes en la matière, La Musardine et les éditions Blanche.

* * *

     
 A paraître le 03 janvier 2013, Cinquante nuances plus sombres (tome 2) et le 13 février 2013 Cinquante nuances plus clairs (tome 3), EL James (JC Lattès)

50 nuances plus sombres tome2  50 nuances plus claires tome3


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Mercredi 22 août 2012 3 22 /08 /Août /2012 00:17


Jusqu'à la fin, je me suis demandée si j'allais le chroniquer. Un livre cru, parfois dur, notamment le chapitre avec l'obstétricien maso et scato (je vous épargne l'extrait au cas où vous liriez ce billet avant de passer à table...) et pourtant, je vais vous parler de ce livre car j'ai trouvé l'épilogue très beau et le style singulier.
Professeur de français aujourd'hui à la retraite (elle a 61 ans), La femme de papier est le premier roman érotique de Françoise Rey, écrit à l'âge de 38 ans. Elle en compte 22 à son actif depuis 1989. En novembre dernier, elle a reçu le prix spécial Eros Evian 2011 pour l'ensemble de son oeuvre érotique.
Françoise Rey a la plume élégante et pleine d'humour. Le sens des jeux de mots, de la description imagée et poétique, et son amour pour la langue française transpire dans tout son roman (comme quoi, c'est une langue qui révèle sa richesse dans tous les genres littéraires).

Présentation de l'histoire et du style de l'auteur en morceaux choisis et remixés à ma sauce (j'espère qu'elle me pardonnera) :

Quel bizarre et impudique sursaut me poussa à te proposer, puis à t'écrire cette première lettre ?
Mon amour interdit
Mon compagnon de plaisir
Mon copain des moments drôles,
Viens, je t'emmène dans une divagation de femme rêveuse, au coeur tendre et au ventre désoeuvré. Je t'emmène avec moi parce que tu vas m'inspirer, et aussi parce que tu as semblé intéressé par la proposition.

Tu t'emparas d'un feutre noir, à la pointe très épaisse et très humide, et tu entamas sur moi un étrange travail de calligraphie... "Je vais te transformer en dictionnaire de l'amour". Tu posas le stylo sur mon cou, et tu écrivis : "Cou : partie du corps réservée aux baisers tendres et troublants. Cuisses : à écarter pour baiser. L'entrée est par là." De dictionnaire je devenais peu à peu mode d'emploi. J'aurais pu, si je l'avais vraiment voulu, fuir et me refuser à tes exigences, mais une curiosité perverse me retint : je voulais savoir jusqu'où tu pouvais aller, et moi avec, jusqu'où pouvait aller l'amour du bourreau pour sa victime, et de la victime pour son bourreau.

Je l'aimais à jamais. Je renonçais à lui par devoir, mais sans amertume. Je ne renierai rien de nos scandaleuses aventures, rien de mes sentiments pour lui, ni des sensations que je lui avais dues. Il avait illuminé ma vie, il m'avait faite femme et écrivain, il avait donné à ma pornographie une vraie noblesse, un sens à ma jouissance.

"c'est la première fois que je fais ça pour quelqu'un !..." Ô formule grisante : "la première fois" ! être la première, la première quelque par pour toi, la première et le seule peut-être, la plus, la moins, la superlative.
"Et si, un jour, je t'aimais jusqu'au danger, si je t'aimais jusqu'à la nécessité de la rupture ?..." Cette pensée, digne de Napoléon qui disait déjà : "En amour, il n'y a qu'un héroïsme : la fuite !", cette pensée impériale et délicate, cette façon d'avouer et de te rétracter ensemble demeure pour moi un joyau sans prix, la bague de fiançailles que tu ne m'offriras jamais, la non-demande en mariage d'un homme qui se sent au bord de la passion. Qui ne se rendit jamais aux pièges du quotidien et préféra l'abnégation à la banalité.

Une belle lecture pour finir l'été.


la femme de papier Françoise Rey La femme de papier, Françoise Rey (Pocket)

Les autres billets sur l'auteur c'est ICI et LA

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Vendredi 20 juillet 2012 5 20 /07 /Juil /2012 23:50


Eloge érotismeNon, les filles ne naissent pas dans les roses. Pas plus que les garçons dans les choux (sinon ils seraient beaucoup plus nombreux à être constamment à l'Ouest...), et les cigognes ne font pas de trafic d'enfants en provenance de l'Est.

Mais alors, pourquoi tant de chichis gratins (c'est pour ceux qui regardent Gulli) envers la littérature érotique ? Pas de pub dans le métro, pas de rayon dédié dans les librairies (sauf la semaine du 14 février, c'est trop nul ! à croire qu'on baise qu'à cette période de l'année...).

En allant sur le site de psychologies.com aujourd'hui (ça tombait bien), j'ai vu qu'il y avait un test en ligne et j'ai regardé les résultats. A la question : Lisez-vous de la littérature érotique ? Sur 3.110 votants ; 

- 45% ont répondu jamais,

- 15% ont répondu "non, mais j'aimerais bien"

- 3% ont répondu "oui et je les échanges".

Je fais partie des 3% et cet éloge et pour décider les 15% au dessus à franchir le pas sans crainte, ni honte (on est en 2012 quand même, si on peut même plus lire un bon bouquin de... sans se justifier !).

Un livre érotique est d'abord un Livre. Il raconte souvent une histoire d'Amour, le pouvoir des sentiments et jusqu'où l'individu est prêt à aller pour cette chose magique qu'est le sentiment amoureux. C'est une forme de dépassement de soi, on repousse les limites de ses principes, ses valeurs, pour autrui. On s'abandonne à l'autre parce qu'il a déclenché en nous cette sensation envoûtante qui fait de la relation qui se crée des préliminaires perpétuels dès que l'on est ensemble, et un manque terrible dès qu'il y a une absence. C'est un courant électrique qui circule en continue dans notre colonne vertébrale et qui nous creuse les reins au moindre contact ou intensité dans le regard.
Bref, c'est de cela dont parlent les livres érotiques. Des histoires d'amour sublimées par la relation charnelle. Et comme pour n'importe quel autre genre littéraire, il y a des chefs d'oeuvres et il y a des merdes.

Les amateurs de polars ne sont pas des tueurs en série en puissance, les amatrices de livres érotiques ne sont pas des nymphomanes en puissance. Je n'ai pas envie de tester tout ce que j'ai lu le soir même après avoir refermé mon livre. Je suis comme tout le monde (enfin, je le crois). Et si ça se trouve, en fait je suis peut être chiante au plumard et je ne m'en rends même pas compte !? Ah merde, je vais mener l'enquête pour en avoir le coeur net...

Si vous faites partie des 15% et que vous avez envie de franchir le pas, voici une sélection d'auteurs dans Les stars de mes nuits pas catholiques (qui cela dit en passant est la catégorie la plus visitée sur ce blog ;-) et le roman qui a reçu le prix des lectrices grandes débutantes 2011.


Photo : C'est pas moi !

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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 00:46


Secrets de femmes est la 15ème édition du mythique collectif des éditions Blanche. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, chaque année la plume est réservée aux femmes écrivains qui nous dévoilent leur capacité fantasmatique. Cette année, le thème du secret a été retenu et 18 femmes ont fait preuve d'une imagination débordante dans des styles très variés, du plus doux au plus hard.

Voici donc mes nouvelles favorites. Mes coups de coeur vont à Les petits papiers d'Emma Cavalier, pour avoir exprimé avec douceur le secret. La chute de l'histoire laisse vagabonder notre imagination pour la soirée... L'autre nouvelle qui m'a beaucoup plu est celle de Françoise Rey, Sous le voile. J'ai trouvé l'histoire très originale et la chute sublime.

Une mention spéciale à L'éveil de Laurence de Marie Godard. Autant j'avais trouvé son premier roman Échanges virtuels dans la retenue, autant cette nouvelle est aux antipodes, et très dure dans ce secret qui est révélé (âmes sensibles s'abstenir). Un secret pas facile mais réussi, il faut l'admettre, indépendamment du fait que l'on partage ou pas ce type de fantasme.
Les autres nouvelles sont bien écrites et peut-être que vous y découvrirez un de vos secrets inavoués ou inavouables...


Secrets de femmes collectif  Secrets de femmes, Collectif (Éditions Blanche)


Pour découvrir d'autres livres des auteures citées clic ICI.


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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 23:17


Le 25 janvier 2012 à 23h17
De : Humour de ma nuit
à : Marie

Objet : Échanges virtuels et plaisirs réels



Chère Marie,

J'ai lu avec soin votre roman épistolaire et cela quel qu'en ait été le lieu (samedi chez le coiffeur, dimanche pendant le canal football club, j'ai une grande capacité de concentration...). 

En matière de littérature érotique, je suis une lectrice grande débutante exigeante, car c'est d'abord pour moi de la littérature. J'ai trouvé l'idée d'une relation à trois par mail intéressante et c'est dommage, sur la forme, de ne pas avoir poussé le concept jusqu'au bout notamment en utilisant le format mail avec un objet et une heure en plus. Cela aurait permis, selon moi, d'avoir un rythme plus marqué dans les échanges et pourquoi pas aussi d'insérer des messages d'absence. 
Les premières scènes sont un peu redondantes et comme le livre se lit vite, on les garde en mémoire, ce qui accentue ce sentiment. Néanmoins, il y a quelques jolis passages sensuels d'initiation au saphisme.

Concernant le fond (au sens figuré), s'agissant d'un roman court, le personnage de Marie aurait pu être un peu plus approfondi dès le début de l'histoire afin d'accompagner le lecteur pour mieux comprendre ce qui la fait basculer dans la soumission. 
       
Ce livre est :
- un coup de coeur de l'éditeur qui l'a publié (il est au coeur de l'action).  
- une déclaration d'amour pour Nicolas (Marssac). Du coup je lirai son livre L'arrière-boutique, ma curiosité a été piquée !
- un mélange d'exhibitionnisme et de pudeur car Nicolas est un peu trop porté aux nues et cela donne l'impression d'être dans la justification par rapport à une certaine forme d'exhibitionnisme de la relation.

Un galop d'essai à confirmer avec un deuxième roman, que je vous souhaite.


Amicalement,

Nathalie.

Echanges virtuels Godard  Échanges virtuels, Marie Godard (Éditions Blanche)


Toutes les stars de mes nuits pas catho c'est ICI

 

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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 22:00

emma cavalierAttention, Achtung, Be careful, la fiche de lecture qui suit s'inscrit dans la catégorie "pas catholiques" donc, âme sensible passe ton chemin et reviens un prochain matin... on ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir prévenu !


Je cherchais Le manoir à la fnac et ne le trouvant pas, je demandai conseil à une vendeuse. Elle tapa sur son clavier et après un instant d'hésitation et un léger rictus à peine perceptible (que j'ai quand même vu) me dit :
- Nous ne faisons pas cette collection en magasin, c'est uniquement sur commande.
- Et bien dans ce cas, merci de prendre ma commande !
Ben quoi, je vais quand même pas m'excuser de commander un livre érotique, c'est pas pire que de lire les navets sur les histoires de cul de DSK ou des histoires de vampires. C'est pénible les préjugés que les gens peuvent avoir !

* * *


Extrait :
"Je restai immobile, silencieuse. Pourtant, je n'avais pas l'orgueil de me croire capable d'en supporter davantage : au contraire, j'étais à bout de forces. Julien ne pouvait l'ignorer, et je savais qu'il ne continuerait pas. A cet instant précis, j'éprouvais en lui une confiance absolue. Mon coeur battait à tout rompre, et la peur me dévorait les entrailles, mais je me raccrochais à la seule certitude que j'avais : Julien savait ce qu'il faisait. Et je restai immobile, offerte comme en sacrifice à sa volonté.
Il poussa un juron entre ses dents, jeta sa cravache par terre, et quitta la bibliothèque en claquant la porte.
Sitôt qu'il fut sorti, je m'écroulai par terre en sanglotant comme une gosse. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que je ne m'avoue à moi-même que ce n'était ni la douleur, ni la colère, ni même la honte qui me faisait pleurer de la sorte. Ce qui me mettait dans cet état, c'était de penser que je l'avais déçu, qu'il allait se détourner de moi, que j'avais gaspillé, avec mon obstination stupide, le peu d'attention qu'il avait choisi de m'accorder."

J'ai été captivée dès le début par ce roman que je m'empressais de lire le soir. D'abord, j'ai trouvé l'histoire originale et bien construite, sans temps mort ni longueur. C'est écrit avec beaucoup de finesse, d'émotion et aussi de l'humour. Ce que j'ai particulièrement apprécié c'est le réalisme qui se dégage de ce livre. Le travail de l'archiviste Pauline, 23 ans, qui a établi ses quartiers dans la magnifique bibliothèque du manoir, elle fouille, classe, note et nous fait partager ses découvertes sur la dynastie des Andringer à travers des livres, correspondances, contrats et autres documents et aussi sur le milieu SM (dont je ne connaissais absolument pas les codes, ben oui c'est vrai !). Entre les archives et le récit, on découvre les règles qui régissent maîtres et soumis (contrats, safeword, séances, etc.) et donc l'initiation un peu en free style de Pauline, un brin rebelle. L'histoire d'amour s'installe petit à petit avec Julien Andringer, maître reconnu dans le milieu au passé trouble (que l'on fini par découvrir à travers les notes d'archives, j'ai trouvé que c'était amené de manière originale). Le personnage de Pauline nous fait partager ses émotions et sentiments ; doute, angoisse, addiction, insubordination, goût du jeu et aussi les sensations qu'elle peut ressentir lors des séances (j'en avais moi-même mal aux fesses et éprouvais aussi la sensation de chaleur tellement la description est convaincante !). L'auteur a mis du soin à entrer dans la psychologie des personnages notamment Pauline et Julien ce qui efface toute superficialité dans le récit. L'activité du manoir "lieu de rencontres sadomasochistes depuis plus d'un siècle" est un personnage à part entière dans l'histoire. Cela reste un livre pour public averti avec bien évidemment beaucoup de scènes, pour tous les goûts, décrites de manière très détaillée. Rien dans ce roman ne laisse transpirer que c'est le premier de l'auteur et j'ai été blufflée. C'est donc le premier livre auquel j'attribue 5 brillérotikétoiles dans la catégorie Les stars de mes nuits pas catholiques.

Le-manoir_Emma_Cavalier.jpg Le manoir, Emma Cavalier.

Le blog de l'auteur c'est ICI et sa page facebook LA.

Le Manoir a reçu le prix Eros d'Evian 2011 dans la catégorie meilleur premier roman.


Photo : Emma Cavalier, page facebook de l'auteur.

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Jeudi 30 juin 2011 4 30 /06 /Juin /2011 02:15

Anais_Nin2.jpgLes statistiques sont formelles, ce blog attire le chaland grâce aux sujets vieux comme le monde... mes fiches de lectures pas catholiques, et ouais ! Donc, dans le top des  recherches  et articles lus  : Vénus Erotica d'Anaïs Nin.

Afin de ne pas décevoir  mes visiteurs, voici la suite de Vénus Erotica, Les petits oiseaux Erotica II. Publié après la mort de l'auteur comme le premier livre, on estime qu'il a été écrit au début des années 1940, vers l'âge de 37 ans.

Anaïs Nin est considérée comme une des pionnières en matière de littérature érotique. Cette suite s'inscrit dans la même ligne que le premier livre. Le décor principal de ces treize nouvelles tourne autour du monde artistique et notamment des écrivains, peintres et modèles. une ou deux nouvelles sont un peu dérangeantes et mettent en avant l'audace de l'auteur, pour l'époque, dans un domaine jusqu'alors très masculin. A l'inverse de Vénus Erotica les histoires sont indépendantes les unes des autres et la psychologie des personnages est moins poussée, car plus courtes aussi.
Exceptionnellement je ne mettrai pas d'extrait... aaah, je sens que vous êtes déçus !

Un livre qui se laisse néanmoins lire cet été à la plage ou dans le canapé si on est coincé.

Pour voir le récapitulatif de toutes Les stars de mes nuits pas catholiques c"est ICI.


Les-petits-oiseaux_Anais-Nin.jpg Les petits oiseaux Erotica II, Anaïs Nin (Le livre de poche)


Little_Birds_Nin_1st-edition.jpg Little birds Erotica, Anaïs Nin (1st edition, 1979)


Plus d'info sur les sites :

The official Anaïs Nin blog

Little birds



La semaine prochaine c'est les vacances et le début de ma saga estivale avec un monument de la littérature...

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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 00:05

Francoise-Rey portrait"Et si, au fond, le sexe et l'amour, c'était pareil ?"

Acheter au hasard d'une flânerie dans une boutique Replay lors d'un déplacement (ça va  finir par devenir ma librairie érotique attitrée !), je m'étais laissée tenter en lisant la première phrase de la 4ème de couv' : "Françoise Rey considère le sexe et le plaisir comme un des beaux-arts et un exercice de l'intelligence".

Françoise Rey, professeur de français à la retraite,  est présentée comme une des plus belle plume de la littérature érotique et ce titre est mérité. Dans ce recueil de 15 nouvelles, on y appréciera le style littéraire tout en finesse et plein d'humour, les personnages fouillés, les histoires originales et sans vulgarité.
Bien que les nouvelles soient courtes, il y a néanmoins une volonté de donner de la consistance aux protagonistes à travers leur dimension psychologique et la manière d'appréhender les situations.

Afin de vous permettre d'apprécier le style de l'auteur, j'ai choisi un extrait de la nouvelle épistolaire "Un zéro absolu", une petite perle d'humour et d'amour.
"20/11
Petit con,
Je ne suis ni une pucelle effarée, ni une bonne soeur, ni ce que vous appelez une Goudou (je suppose que vous entendez par là que mes goûts me porteraient plutôt vers les femmes). J'ai cinquante-trois ans. N'imaginez pas non plus une vieille fille endurcie, ratatinée, pour reprendre approximativement une de vos expressions. Célibataire, certes, et sans souffrir le moins du monde [...]

Le 22/11
Merveilleuse Elisabeth,
(elle lève les épaules, conquise malgré elle).
Vous m'avez appelé "petit con" ! Je veux voir dans cette entête, non pas une allusion à mes dimensions étriquées, car  là-dessus vous fûtes (et comme je vous ai aimée aussi pour cela !), d'une grande et noble prudence, mais un affectueux mépris pour le jeune farceur que vous me croyez. Elisabeth, ma divine, j'ai votre âge ! Très exactement aujourd'hui, le 22 novembre 1999, j'ai moi aussi, cinquante-trois ans ! [...]

Et voilà pour l'extrait. Ah comme il m'eût été agréable, à moi aussi, que d'avoir un petit con comme celui-ci plein d'esprit, charmeur et farceur...

Bon... d'accord...! je remets un autre extrait, "Voleur de feu" une nouvelle violente avec pour cadre notamment le lycée Rimbaud à Charleville (franchement ça ! ça ne s'invente pas...)
"La pluie avait cessé. L'herbe était encore mouillée sur les bords de la Meuse. Quand il eut refermé les bras sur elle, elle ne connut plus rien au monde. Elle leva la tête pour boire à sa bouche. Il avait un goût d'alcool fort. Puis il n'eut plus que son goût à lui, intime, doux et salé à la fois, comme le sang d'une écorchure qu'on suce, le goût du désir. Elle croyait le recevoir en elle, entre ses lèvres, sur sa langue éblouie. Mais c'était lui qui la mangeait, qui se nourrissait d'elle, qui aspirait son âme. Il la vidait de ses forces, elle mourait de se laisser prendre ainsi et de se donner si peu.
Elle tomba, il s'abattit sur elle. Les mains affolées tout de suite à la retrousser, à la débusquer sous ses vêtements. Elle suppliait :
- Attends, attends.
Il dit très bas avec un visage violent et égaré :
- J'ai eu trop mal à t'attendre, lui saisit la main, la posa, à travers l'étoffe, sur son sexe : Touche !"


Et je terminerai par cette citation de l'auteur : "Et dans le fond - excusez-moi d'être grossière -, il y a les gens qui lisent parce que c'est du cul, et ceux qui ne lisent pas parce que c'est du cul. Très peu se rendent compte que ce n'est pas que ça."

Je relirai d'autres livres de l'auteur. En attendant, vous pouvez lire celui-ci cet été, ou avant !


Metamorphoses_Francoise_Rey.jpg   Métamorphoses Le sexe est un grand maître, Françoise Rey (Pocket).

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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 22:27

La_villa_Corse_resto_rivegauche.jpgAaah l'Espagne, sa vie nocturne, les espagnols bruns ténébreux (mon fantasme) et... Pedro Almodovar, un de mes réalisateurs préférés (j'ai vu quasi tous ses films, j'ai même un CD avec ses chansons  phares qui révélèrent la sublime Luz Casal).
Bref, en allant acheter quelques livres à la fnac le mois dernier (dont certains sont dans ma PAL) je suis tombée par hasard sur son livre (je ne savais pas qu'il avait écrit quelques choses !).

Extrait de la 4ème de couverture : Patty Diphusa, "star internationale du porno", a l'opportunité d'écrire pour une revue branchée. Celle qu'on surnomme la "Vénus des lavabos" a trouvé son sujet d'actualité : ce sera elle ! [...]

"Un maître dans l'art de la narration débridée et audacieuse" Le Quotidien du cinéma.

Tout ceci m'avait donc donné envie de découvrir les aventures de Patty Diphusa. Le livre s'articule en trois parties ; la première, "Patty Diphusa la Vénus des lavabos" compte 12 nouvelles, et raconte les virées nocturnes de cette bombe anatomique qui aime le sexe tout en étant une grande sentimentale. La deuxième partie, "Remplissage" décrit la vie madrilène du côté obscur en 9 nouvelles. Enfin la troisième, "Conseils pour devenir un cinéaste de renommée internationale", est sans surpris puisque conforme au titre. 
Malgré le fort capital sympathie dont bénéficie Pedro Almodovar à mes yeux, j'ai trouvé le livre sans éclat et l'écriture terne. Seule les premières nouvelles de la première partie sont dans l'esprit des films de l'auteur et à prendre au moins au troisième degré.

Pour ma part je n'y ai pas trouvé l'ombre d'un art de la narration, un style décousu plutôt que débridé et quant à l'audace, je la cherche encore, rien qui in fine ne soit réellement choquant. Même le titre est trompeur car l'érotisme y est marginal. Heureusement que j'ai fini le livre dans un restaurant lounge bar à Paris très sympa, lors de mon transit pour Londres hier soir, pour compenser cette lecture décevante.

Patty-Diphusa_Almodovar_P.JPG  Patty Diphusa la Vénus des lavabos, Pedro Almodovar (Points).

Photo : Restaurant lounge bar, La villa Corse 164, boulevard de Grenelle dans le 15ème à Paris (excellent resto et le serveur est très sympa).

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Samedi 19 février 2011 6 19 /02 /Fév /2011 23:55

Cabane-perchee.jpgCette nuit je suis d'humeur joueuse ! d'humeur coquine. J'avais envie de faire une fiche de lecture pas catholique (je n'ai pas fait de billet dans cette catégorie depuis un temps certain) mais ma lecture du moment n'est pas érotique. Qu'à cela ne tienne, je retourne mes placards et fonds de tiroirs et hop je sors une mini nouvelle de mon cru que je toilette pour l'occasion !
Si vos yeux sont chastes, surtout n'allez pas au delà du point de cette phrase et rendez-vous dimanche à 22h00 pour une poésie qui sera plus sage (enfin, si je suis d'humeur...).

* * *


La nuit douce et tempérée commençait à tomber et le ciel était couleur tango lorsqu'ils quittèrent le cours de danse. C'était la deuxième fois qu'ils dansaient ensemble et pourtant on aurait cru qu'ils étaient partenaires depuis toujours. Il lui proposa de la raccompagner jusqu’à sa voiture située à quelques rues du salon Milonga. En chemin, ils traversèrent un jardin d’enfants et elle ne put s’empêcher d’aller dans une de ces cabanes perchées qu’elle adorait lorsqu’elle était petite.
 

« - La vue du parc est très jolie d’ici, viens voir ! ».

La cabane était baignée par le coucher de soleil. Elle était assise sur le petit banc à l’intérieur et contemplait les cuisses de nymphes émues qui bordaient le jardin et parfumaient agréablement l’air ambiant. Il s’assit près d’elle et sa main effleura la sienne. Ce geste la fit rosir et elle le regarda avec intensité. Il s’approcha d’elle doucement, presque hésitant. Leur bouche étaient si proches maintenant que leur respiration passaient de l’une à l’autre. Ils sentirent le désir qu'ils avaient contenu pendant la leçon de tango les envahir et échangèrent un baiser doux et langoureux. Tels deux enfants qui découvrent pour la première fois cette sensation étourdissante qui se diffuse dans tout leur être, à la fois grisante et électrique. Leur langue s’explorèrent et exaltèrent ce voluptueux moment qui précède l’embrasement des sens. Il glissa sa main sous sa robe pour la faire remonter entre ses cuisses et sentit la moiteur de son corps. Il continua délicatement encore un peu plus, pour la pénétrer dans ce sanctuaire où tout commence et tout finit. Elle sentait le plaisir lui électriser le bas du ventre et se propager dans son corps pour redescendre le long de sa colonne vertébrale. Elle lui murmurera à l’oreille «Fais-moi l’amour, ici et maintenant… ». Il la pris par la taille et la déposa sur ses genoux face à lui. Il ouvrit la longue fermeture éclaire de sa robe zinzoline, qui glissa sur ses hanches. Leurs baisers devenaient de moins en moins langoureux et de plus en plus passionnés, presque violents et douloureux. De cette douleur qui vous pousse quasi d’instinct à dire « Encore, encore plus fort mon amour, surtout ne t’arrêtes pas… ».

 

Elle était sa petite sirène échouée sur son corps de pirate, blottie contre son torse et accrochée à ses épaules, s’enivrant du parfum de santal de son corps viril. Ils étaient là sans bouger, serrés l’un contre l’autre profitant de cet instant. Ils se caressaient, mais leur désir de jouissance étant de plus en plus pressants, il la souleva pour venir s’enclaver dans son lagon. Elle fit onduler son corps sur le sien, de plus en plus fort, telles les vagues qui précèdent le séisme de l’orgasme… Elle sentait en elle le désir de son amant et fut quasi sur le point de défaillir. Il la prit dans ses bras, posa sa veste sur le sol, l’allongea et la recouvrit de son corps. Sa peau mate contrastait avec sa blancheur et sa chevelure flamboyante. A nouveau, il la posséda, et cette passion charnelle consuma leur corps dans une ultime extase…

Au petit matin, ils furent réveillés par les premières voitures qui passaient à proximité du jardin. Il la caressa une dernière fois avant de l’aider à refermer sa robe froissée qui portait les traces de leur nuit torride.

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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 23:10

aubade.jpgNim... Nin... Au départ, je m'étais rendue à la librairie d'Aix pour acheter D'Artagnan amoureux de Roger Nimier. Le Folio n°2111 n'était pas en rayon et à côté du Hussard Bleu du même auteur se trouvait Vénus Erotica d'Anaïs Nin. C'est ainsi que j'ai décidé de l'acheter, frustrée de ne pas avoir trouvé le livre que j'étais venue chercher !

Ce best-seller de 315 pages se compose de 15 nouvelles allant de 4 à 50 pages (on peut ainsi facilement le lire en parallèle d'un autre roman, ce que j'ai fait). Les trois premières nouvelles m'avaient déçue, entre relations incestueuses, drogue et crimes, je me disais que je devais vraiment avoir un problème avec les best-sellers. Mais, j'ai quand même voulu continuer ma lecture en me disant que ce livre ne pouvait pas être que ça. Et c'est ensuite que les histoires d'amour, romantiques, sont apparues (bon, certes, avec beaucoup de sexe !). On retrouve plusieurs personnages d'une nouvelle à l'autre, certains ont même la leur, et ainsi on découvre des morceaux choisis de leur vie avant ou après la nouvelle centrale. On y apprend également beaucoup sur la mode de l'époque en matière de lingerie (les portes jarretelles et bas noirs sont indémodables...).

 

Je ne peux résister au plaisir de vous donner un extrait de Vénus Erotica et plus précisément de la nouvelle (j'ai choisi quelques choses de soft), Le Basque et Bijou :
Puis elle le sentit relever l'ourlet de sa jupe pour en voir davantage. Elle s'étira, en écartant légèrement les jambes. Elle fondait sous ses doigts, sous ses yeux. Comme il était merveilleux d'être ainsi contemplée, alors qu'on vous croît endormie, de sentir l'homme totalement libre d'agir. Elle sentit la soie se soulever, et ses jambes se découvrir. Il les contemplait.
D'une main, il les caressait tout doucement, lentement, en profitant pleinement, sensible à la délicatesse de leur ligne, à la douceur soyeuse de la peau à l'intérieur des cuisses. Bijou avait des difficultés à rester complètement immobile. Elle désirait écarter un peu plus les jambes. La main la frôlait si lentement. Elle suivait les contours, s'attardant sur les courbes, sur le genou, puis continuait. Elle s'arrêta juste avant le sexe. Sans doute l'avait-il observée pour voir si elle dormait profondément. Avec deux doigts, il commença à effleurer son sexe, à le masser.
Quand il sentit le miel couler tout doucement, il glissa sa tête sous sa jupe et commença à l'embrasser. Sa langue était longue, agile, pénétrante. Elle dut se retenir pour ne pas se coller contre cette bouche vorace.

 
Après avoir lu ce livre, j'ai revu mes attributions de brillérotikétoiles dans la catégorie fiches de lectures pas catholiques au regard de ce dernier.


Je clôture ainsi ma série de lectures érotiques (temporairement). Le prochain livre est  aux antipodes de ces dernières lectures.

Pour voir le récapitulatif de toutes Les stars de mes nuits pas catholiques c'est ICI.

Venus erotica A Nin  Vénus Erotica, Anaïs Nin (Le Livre de Poche)

 

En haut : parce que Aubade ce n'est pas que de la lingerie... photo de l'album (compilation) Leçons de Tango. J'ai hésité avec l'album Sensualidad qui est très bien aussi.

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Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 22:44

Hsi-Wang-Mu.jpgRetard indéterminé, c'était ce qui venait d'apparaître sur le panneau des trains aux départs 20 minutes avant de partir, à 16h50, en gare TGV de Chessy Marne la Vallée, alors que je finissais le livre Lennon de David Foenkinos.

Après un moment qui m'a semblé interminable, le "indéterminé" est devenu 4h00... Donc à cet instant je me suis dit c'est mort pour être à 20h10 à Avignon et dans les secondes qui ont suivi "Et merde j'ai pas pris d'autres livres !". Il y a encore quelques mois jamais je n'aurais, ne serait-ce qu'imaginer, que je penserais cela un jour (être à court de bouquins !).

Je me suis alors rendue à la boutique Replay de la gare pour m'acheter un livre histoire de tuer le temps (pour une fois j'avais pas envie de magazines...). Et là je me fais une autre réflexion surréaliste, "Et merde y'a pas choix !". Bien que cette boutique soit très achalandée, le rayon littérature lui ne l'était pas. Entre les livres primés de la rentrée (que je n'aime pas acheter) et les énormes livres de plus de 500 pages (que je n'aime pas acheter non plus), il ne me restait plus beaucoup de choix. Je lis les tranches et un titre m'a captée, le livre n'était pas trop épais, "La vie amoureuse des fées", c'est beau comme titre, ça donne envie d'en savoir plus. Moi, j'aime bien les contes. Je lis la 4ème de couv' et là... je m'aperçois que c'est un livre érotique. Décidément, je ne suis vraiment pas douée pour choisir mes livres toute seule ! A défaut d'autres choix, je l'ai quand même acheté.


Qui sont vraiment les fées, ondines et autres korrigans ?

Extrait de l'intro. : "En revanche, je m'interrogeais sur elles : qui étaient-elles vraiment ? Avaient-elles des copains, des flirts, des histoires d'amour, des chagrins... ? et des tas d'autres questions tout aussi importantes mais sans aucune réponse. J'ai alors consulté des ouvrages sérieux et moins sérieux sur ces délicates questions mais personne n'avait semblé s'y intéresser.

Une question, plus que les autres hantait mon esprit : " les fées faisaient-elles l'amour ?"


Le livre est un recueil de contes féeriques érotiques. Certains m'ont dérangée mais j'ai quand même voulu le lire jusqu'au bout (il ne fait que 120 pages) et j'ai bien fait car c'est dans les derniers que je me suis le plus amusée avec :
La fée clochette ou comment naquit l'histoire d'amour avec Peter Pan et cette petite coquine. La fée tatouée Hsi-wang-mu, un conte asiatique écrit avec humour et La fée Urgèle, l'histoire d'une passion de 8 jours qui se termine dans la souffrance de l'amour. Il y a aussi selon les goûts, Les fées Morgane, Mélusine, Viviane et la Dame Blanche.
Moi, si j'avais le pouvoir d'une fée j'aimerais, juste pour quelques heures, me mettre dans la peau d'un homme pour savoir ce qu'il ressent en matière d'amour...

Franck Spengler est né le 30 janvier 1957 à Paris. Il est le fils de l'industriel Pierre Spengler et de la romancière et éditrice Régine Deforges.

 

La vie amoureuse des fées La vie amoureuse des fées, Franck Spengler (Pocket)

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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 23:03

hammam2

Voici une mini nouvelle torride pour réchauffer ce début de semaine hiémale.

 

Il est 17h00, Anna s’engouffre dans une ruelle pavée du centre ville que l’on remarque à peine. Elle passe sous un porche et pousse une lourde porte en chêne, la voici dans son hammam favori.

Ambiance orientale, lumières tamisées, senteurs d’eucalyptus, de pin et de santal, le dépaysement est totalement. Là tout n’est que luxe, calme…

 

Anna y a ses habitudes. Après avoir pris son peignoir, elle se dirige vers les vestiaires, se déshabille et passe son maillot de bain couleur bleue nuit. Elle longe le couloir et pénètre dans le tepidarium, qu’elle traverse lentement, pour se rendre dans le caldarium. La salle est beaucoup plus petite, il y fait 50°C et c’est à peine si on arrive à se voir avec l’intensité de la vapeur, mais c’est sa pièce préférée.
Elle aime cet endroit où peu de personnes restent à cause de cette chaleur presque étouffante. Cet après-midi là, elle remarque une présence au fond de la pièce. Elle s’allonge dans une alcôve en marbre poli et ferme les yeux. Elle s’abandonne, la chaleur envahie son ventre pour se propager quasi instantanément à travers tout son corps. C’est une sensation extrêmement agréable, presque indescriptible, comme une onde qui rayonne doucement et langoureusement pour mettre tous ses sens en éveil. Son corps est maintenant de plus en plus moite avec cette humidité ambiante, mais peut-être n’est-ce pas seulement dû à la chaleur du hammam…

 

Elle ignore combien de temps elle est restée ainsi. Elle entrouvre les yeux et remarque que cette présence qu’elle avait sentie en entrant et maintenant à côté d’elle. C’est un jeune homme à la peau mate et à l’allure athlétique. Il se penche pour boire un peu d’eau à la fontaine qui se trouve à proximité. Il est beau et pourrait avoir l’âge d’être son fils. Leur regard se croise pour se capter un long moment. Il lui sourit et s’allonge dans l’alcôve à côté d’elle. Elle peut sentir sa respiration et son bras posé par-dessus sa tête, elle pourrait presque le toucher.

Puis Anna se lève à son tour pour se désaltérer à la fontaine. La main du garçon effleure sa cuisse lorsqu’elle passe à côté de lui. Elle sort du caldarium pour se rendre dans la cabine de massage qu’elle a réservé. Elle se déshabille et s’allonge dans cette pièce obscure que seules 3 petites bougies éclairent au niveau des angles.

La masseuse met dans le creux de ses mains de l’huile de massage préparée à base d’huile d’argan, de fleurs d’oranger et de roses. Un délicieux parfum se répand dans la pièce. Elle commence par la masser en remontant des pieds vers les cuisses puis, les épaules et les bras. Elle reprend à nouveau de l’huile de massage.


Cette fois-ci Anna sentit que les pressions étaient plus fermes et vigoureuses. Les doigts plus volontaires. Alors elle ouvrit les yeux et reconnue la silhouette du jeune homme qui laissa tomber au sol son peignoir. Il était maintenant nu devant elle, nu sur elle. Il la massa avec tout son corps tel un sculpteur pétrissant son argile, un peintre dessinant son modèle. Son souffle carressait ses joues et ses baisers étaient audacieux. Ses mains remontaient entre ses cuisses et son corps tout entier aussi. Il était maintenant à l’entrée de son sexe qu’elle lui abandonna. Leurs mouvements étaient lents et savoureux, il voulu se retirer mais elle le retint en elle encore un peu, elle voulait être caressée de l’intérieur jusqu’à ce que son désir et son plaisir soient apaisés. Puis elle ferma les yeux et s’assoupit. Lorsqu’elle les rouvrit, il était parti et s’était pour elle la plus délicieuse des expériences orientales.

 

Et maintenant bonne nuit... 

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