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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 02:19
 
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Un souvenir de moi à 8 ans

Avec mes parents, nous étions allés un jour chez des amis qui avait une fille de mon âge, elle s'appelait Mylène. Comme c'était la première fois, Mylène m'avait gentillement invitée à venir jouer dans sa chambre. C'était une très belle et grande chambre de princesse comme toute les petites filles en rêvent. Il y avait une malle au milieu de la pièce et lorsqu'elle l'a ouverte, j'ai ressenti une joie intense (dont je me souviens encore aujourd'hui) en découvrant tous les jouets à l'intérieur, que je n'avais pas, et avec lesquels je me suis empressée de m'amuser. Ce sentiment-là, c'est exactement ce que je ressens lorsque je commence un nouveau livre de Monsieur Foenkinos, une joie intense. Et je me dis "Qu'a-t-il bien pu inventer encore pour nous surprendre, nous émouvoir, nous faire rire et me faire pleurer." Et cette fois-ci encore, je n'ai pas été déçue.
*

Je ne vous parlerai pas du thème du livre que vous pouvez lire par ailleurs (ou bien écouter en regardant l'interview ci-dessous de l'auteur) ni de l'évolution de son écriture. Non, ce que j'ai envie de partager avec vous c'est ce délicieux sentiment que j'ai eu au fil de ma lecture. J'avais l'impression, à travers tous ces souvenirs, de vivre le making-off des précédents romans, que l'auteur nous mettait dans la confidence et la complicité de la construction de son oeuvre. Bien que le style soit plus mature (et loin de moi l'idée de dénigrer le côté burlesque des premiers romans que j'adore), on y retrouve toutes les marottes Foenkinossiennes avec un tas d'allusions et de clins d'oeil aux précédents livres, notamment La délicatesse avec le souvenir de l'employé des pompes funèbres (p.187)

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Un souvenir subliminal pour ses précédents romans et les marottes de l'auteur 

* La femme suisse : "Si ça se trouve, j'y avais une très belle femme ; une femme douce et aimante, une Suissesse avec de longs cheveux lisses" (réf. à Ariane dans Belle du Seigneur d'Albert Cohen)
* La quincaillerie : il y en a aussi une dans la nouvelle Bernard
* Les listes : "les jours de déprime pour envisager (par exemple) tous les métiers possibles"
* Le banquier : ou le comptable, est un métier que l'on retrouve dans plusieurs livres
* La Pologne et la vodka mais surtout deux polonais... ils sont toujours là !
* Les Martinez : que l'on retrouve notamment dans Qui se souvient de David Foenkinos ? (j'ai terriblement aimé le chapitre 14 Un souvenir de Gaston Martinez p. 53)
* Les cimetières et les enterrements : dans Nos séparations
* Lennon : il a son livre...
* Le risotto aux asperges : la recette est dans La délicatesse
* Les prénoms : Sonia, Gérard, Louise, Alice
* Les talons aiguilles : "j'aurais pu lécher son talon aiguille à cet instant", les héroïnes de Foenkinos portent toujours des talons.

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Un souvenir des mes phrases préférées, poétiques ou loufoques

"Pourquoi la bêtise est plus mémorable que la beauté ?"
"C'est ainsi ; plus on meurt tard, plus on est seul le jour de ses funérailles."
"Nous découvrions un homme sans âge (disons qu'il s'était perdu entre quarante-deux ans et soixante cinq ans).
"Il a alors laissé un blanc dans la conversation. Et je n'avais aucune idée de la manière de mettre de la couleur dans son blanc."
"Les bonnes idées viennent la nuit pendant que les mauvaises idées dorment."
"Ma vie sexuelle ressemblait à un film suédois. Parfois même sans les sous-titres."
"La mort donne l'obligation d'aimer."
"Il était comme une émission de télévision qu'on capte mal ; mais je n'allais tout de même pas le frapper dans le dos, aussi irrationnellement qu'on tape parfois son téléviseur en pensant ainsi avoir une chance de la réparer (quelle étrangeté)."
"On peut fonder une vie sur ce sentiment-là. Sur se sentiment d'exister d'une manière si vivante dans le regard de l'autre. [...] ce que chacun porte en soi : l'espoir d'être follement aimé."
"Le silence d'une femme est sa plus grande preuve d'amour."...


Et je terminerai avec ce scoop, le fantasme avoué de Monsieur Foenkinos :

"Elle me disait : je suis à toi, je fais tout ce que tu veux, je suis ton corps qui te reçoit et je suis ta bouche qui te boit. Elle lissait ses cheveux, mettait un serre-tête, conservait ses talons, susurrait quelques mots d'allemand, et me disait : oh oui, comme j'ai envie."


Ce livre fait partie de mon Top 3 de ses livres préférés.


Les-souvenirs_Foenkinos.jpg  Les souvenirs,
David Foenkinos (Gallimard)


Interview. L'auteur nous parle de son dernier roman Les souvenirs :

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